24.03.2007

Jamaican Blue Mountain Coffee

medium_Photo_030.jpgParmi les innombrables trésors offerts par la Jamaïque, il en est un que tous ceux pour qui une journée ne peut bien commencer sans en ingurgiter au moins une tasse connaissent bien. Je parle bien sûr du café. Mais pas n'importe lequel! Le Blue Mountain café qui, au dire des spécialistes (et je ne les contredit pas), est le meilleur et le plus recherché de ceux produits sur notre petite planète bleue. Cela, bien entendu, reste à l'appréciation de chacun. Par contre, là où tout le monde est d'accord, c'est qu'il s'agit du café le plus douloureux pour nos comptes en banque.
Alors, cette plante introduite en Jamaïque en 1730 par Sir Nicholas Lawes, gouverneur de la colonie de 1718 à 1722, pourquoi a-t'elle cette réputation?

medium_Photo_018.2.jpgIl faut savoir que le label Jamaican Blue Mountain Coffee est protégé mondialement et qu'il s'agit d'une marque déposée. Les principales conditions pour qu'un café obtienne cette appellation sont les suivantes:

- il doit être cultivé en Jamaïque, mais uniquement dans certaines régions .
- sa culture ne peut être faite qu'entre 3000 et 5500 pieds (entre 1000 et 1800 mètres) d'altitude. Le café bénéficie alors d'un sol extrêmement riche et d'une humidité importante (due à l'abondance des pluies), combinaison idéale pour sa croissance. Par contre, à cette altitude, l'exposition au soleil est souvent impossible du fait des brumes habillant couramment les pentes montagneuses. Conséquence directe, 10 mois sont nécessaires au café pour arriver à maturation (contre 5 pour les autres cafés).
- sa récolte se fait exclusivement à la main.

Ces astreintes en font un excellent café mais également un café rare (une seule récolte par an). Et, bien sûr, qui dit rare dit cher.

medium_Photo_966.jpgBref, vivant au beau milieu de sa zone de production, j'ai été pris par l'envie d'aller voir d'un peu plus près comment cela se passe.
Première surprise, j'ai appris que seule quelques compagnies possèdent des plantations. En fait (du moins dans la région), le café appartient à des petits fermiers qui le cultivent, le récoltent et le vendent à ces grosses compagnies qui, alors, l'exportent sous leur nom (principalement au Japon, grand amateur de café).
medium_Photo_970.jpgEn compagnie d'un ami du village, je me suis donc rendu dans sa plantation pour m'essayer à la cueillette des baies.
Les plants de café ont généralement une hauteur d'environ deux mètres. Les branches se présentent avec la majorité des feuilles à leur extrémité, les baies de café, par groupes de 5 ou 6 encerclant la branche, occupant l'espace entre les feuilles et le tronc.medium_Photo_972.jpg Le but du jeu est de cueillir les baies rouges uniquement mais, pour épicer un peu l'opération, sans arracher le tige qui les relient à la branche (une tige arrachée signifie une baie de moins lors de la récolte suivante). Mission délicate et certainement plus compliquée que ce que je pensais au premier abord. Les plants poussant sur des pentes escarpées, l'opération est rendue encore plus difficile, nous obligeant à maîtriser tant les talents d'un contorsionniste que ceux d'un équilibriste. Après plus d'une heure de dur labeur, force m'était de constater que je préfére très nettement le café liquide, noir et chaud dans ma tasse que rouge, dur et froid dans mon sac, celui ne se remplissant désespérément pas...medium_Photo_967.jpg Quand je pense que les saisonniers qui viennent pour la récolte remplissent 6 ou 7 de ces sacs de 5 kilos par jour...
Pour chaque sac rempli, le travailleur est payé 500$ (6€) par le propriétaire de la plantation qui, lui, vend chacun de ces sacs 3000$ (40$) aux grandes compagnies qui s'occupent alors de la torréfaction des baies avant de pouvoir enfin les exporter sous le tant recherché label Jamaican Blue Mountain Coffee.

Si vous désirez en savoir plus sur le meilleur café du monde, c'est par ici.

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14.02.2007

Studio One


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Né en 1932, Clement Dodd (Sir Coxsone) est l'un des artistes les plus importants de la Jamaïque.

medium_coxson.jpgDans les années 50, son soundsystem est l'un des plus appréciés et reconnus de l'île. Mais Dodd ne veut pas se contenter de jouer de la musique, il veut produire et enregistrer des disques. C'est ainsi qu'en 1962 il fonde ce qui deviendra l'un des temples de la musique Jamaïcaine, le fameux Studio One. En choisissant ce nom, Sir Coxsone résumait bien ses ambitions: Studio One comme le premier studio monté, géré et appartenant à un noir ou Studio One comme le studio le plus important de Jamaïque.
Afin de comprendre ce que représente ce studio dans l'histoire de la musique de l'île, voici une liste (loin d'être exhaustive) de quelques-uns des artistes qui s'y sont succédé: les Wailers (avec Bob Marley), Horace Andy, Burning Spear, medium_dodd.jpgLee Perry, The Skatalites, Ken Boothe, The Heptones,Johnny Osbourne, The Gladiators, Dennis Brown, Sugar Minott, The Wailing Souls, Delroy Wilson, ... Les amateurs apprécieront...
Tous ces artistes ont été "découverts" par Sir Coxsone. C'est grâce à lui que leur carrière respective a démarré.
Tout au long de sa vie, Clement Dodd a inlassablement cherché a découvrir de nouveaux artistes et les a aidé à démarrer. Il s'est éteint en 2004, laissant un grand vide dans le monde de la musique locale.

C'est donc avec une excitation non dissimulée que, flanqué de mes gardes du corps habituels, je me suis rendu à Brentford Road, à côté de Trenchown.

medium_studio1.jpgNous avons découvert le mythique bâtiment, protégé par des grilles surmontées de barbelés. L'un des employés du studio est venu nous demander ce que nous désirions. "Nous voudrions visiter le studio si celà est possible". L'homme nous répondit que celà n'était pas possible, le studio n'étant pas accessible au public. Devant ma mine dépitée et après avoir appris que j'avais fait le voyage de Belgique principalement pour me "recueillir" dans le studio, il nous déclara finalement "si vous achetez un ou deux disques, je vous laisse entrer". "Sans blague que j'ai envie d'acheter des disques! Et plus qu'un ou deux!!!" lui répondis-je dans ma tête. Il nous conduisit au bureau où quatres personnes étaient assises. L'une d'elle n'était autre que le fameux King Stitt, l'un des fidèles DJ de Sir Coxsone. Défiguré de naissance, son visage est l'un de ceux que l'on n'oublie pas... A ses côtés, deux hommes hilares nous souhaitèrent la bienvenue.
medium_KingStitt.jpgDerrière son bureau, une dame relativement âgée, semblait diriger ce petit monde. Nous apprîmes par après qu'il s'agissait de l'épouse de Clement Dodd.
Nous lui dîmes que nous venions acheter quelques disques et j'ajoutai timidement "et si nous pouvions voir le studio quelques instants, ce serait formidable". Nous la vîmes réfléchir avant de nous dire "allez d'abord voir les disques". Guidés par l'un des hommes, nous montâmes à l'étage. Là, devant nos yeux ébahis, nous découvrîmes ce qui, pour tout amateur de musique jamaïcaine, ressemble à un trésor. Tout l'étage était rempli de piles de boîtes blanches contenant des 45 et 33 tours. Toutes l'histoire du Studio One s'étalait devant nos yeux! Sous le regard amusé de notre guide, j'ai alors commencé à fouiller toutes ces boîtes, excité comme un gamin découvrant ses cadeaux de Noël. Que choisir? Tant de merveilles! Le coeur pincé, je me suis limité à une sélection de dix 45 tours.
medium_studio_one.jpgNous redescendîmes au bureau pour payer les disques. Cela fait, madame Dodd prit la parole "King, tu veux bien leur montrer le studio?". Waw! Une visite privée du légendaire Studio One avec le non moins célèbre King Stitt! Nous le suivîmes à l'arrière du bâtiment où il ouvrit une grande porte. Il alluma la lumière et nous vîmes enfin le Saint des Saint. Une grande pièce remplie de toutes sortes d'instruments se révéla à nous. Une atmosphère feutrée y régnait et je pouvais sans peine imaginer Bob Marley ou Lee Perry en train d'enregistrer l'un de leurs premiers disques. King Stitt nous montra également la pièce d'où Clement Dodd dirigait ses artistes. Nous discutâmes quelques minutes avec lui avant de retourner dans le bureau.
medium_studio_one.2.jpgLà, madame Dodd nous parla de son mari, des artistes qui travaillèrent avec lui, de ceux qui viennent de nos jours et nous présenta tout le monde. Elle finit par nous dire, après nous avoir remis sa carte de visite, "c'est dommage qu'il n'y ait pas d'enregistrement aujourd'hui, mais quand vous voulez revenir, appelez-moi et je vous dirai quand venir pour assister à une session. Et si vous voulez jouer d'un instrument ou chanter, je crois qu'on pourra s'arranger".
Rendez-vous est pris!

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28.07.2006

Humeurs...

Voilà, une grosse page de ma vie est tournée et un grand pas vers la prochaine étape est franchi... j'ai passé ma dernière journée au Stanhope, l'hôtel où j'ai passé 7 ans de ma vie... c'est énorme!
Bien entendu, état d'esprit assez particulier, entre joie et gros pincements de coeur, entre soulagement et inquiétude, entre fierté et regrets,...

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C'est là que j'ai appris tout ce que je sais de ce métier qui exige passion et patience, un métier que l'on peut trouver cruellement ingrat ou extrêmement valorisant, mais surtout un métier où l'on ne peut tricher et qui nous apprend énormément tant sur nous-même que sur les autres...
J'y ai fais des rencontres qui ont eu beaucoup d'influence sur mes choix et qui continueront à en avoir. J'y ai connu des amis et ai découvert un visage inconnu à des gens que j'avais déjà "classifiés". J'y ai appris énormément sur la médiocrité, la lâcheté et la mesquinerie de certains. J'y ai vécu des moments de joie et de fierté intenses. Je suis passé par des instants de découragement et des envies de tout plaquer.
Merci à tout ceux à qui j'ai envie de dire merci. Vous savez, je vous l'ai assez dit, que vous trouverez toujours une porte ouverte chez moi...

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26.07.2006

God...

Comme je vous l'ai déjà dit, Dieu est omniprésent dans la société jamaïcaine. C'est le pays qui compte la plus grande densité d'églises au mètre carré au monde (oui, il y en a qui ont une drôle de manière de passer le temps) et, partout et en toute circonstance, il est fait référence au Tout-Puissant. Ainsi, sur les murs de Kingston, à la place des graffitis des grandes villes occidentales, vous trouverez invariablement des fresques représentant Dieu ou illustrant des passages de la Bible...

J'ai déniché une photo prise à Kingston qui illustre parfaitement mes propos. Ma conscience m'oblige à signaler que je l'ai honteusement piqué à Stet.

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Pour les (très) nuls en anglais, celà pourrait se traduire ainsi: "Ne m'obligez pas à descendre" et c'est signé Dieu.

Le texte fait bien entendu référence au climat de violence qui règne dans certains quartiers de Kingston ainsi qu'à la corruption généralisée (premier sport national à égalité avec le crickett). Oui je sais, j'en rajoute un peu...

Bref, je me demandais si ce ne serait pas une bonne idée de placer quelques panneaux identiques de ce côté-ci de l'océan...

05:10 Publié dans Histoire-Découverte | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

28.05.2006

A manger...


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Mais que vais-je manger là-bas?

Avant tout, et celà rassura certain(e)s, beaucoup de fruits et de légumes.

medium_extra_ackee.jpgIl y a bien sûr l'ackee, le légume national jamaïcain (bien que ressemblant plus à un fruit). Il pousse sur l'akesia et est à la base de nombreux plats locaux. Il est particulièrement apprécié en accompagnement de la morue salée...
La particularité de ce légume est qu'il n'est consommable qu'arrivé à maturité. En effet, tant que sa coque est fermée, il est vénéneux et dégage un gaz toxique quand on essaye de l'ouvrir... ne pas se tromper donc.
Il est nécessaire de le bouillir avant de le cuire. Une fois préparé, il a l'aspect d'oeufs brouillés.

medium_breadfruit.jpgAutre légume à ne pas confondre avec un fruit, le breadfruit ou fruit de l'arbre à pain. Assez impresionnant avec ses 2 kilos, il est accommodé à toutes les sauces (dans les deux sens du terme): il peut être grillé, frit, bouilli... Il est l'équivalent de notre pomme de terre nationale... Tiens, je me demande si quelqu'un a déjà eu l'idée d'essayer d'en faire des frites... idée à creuser sur place. Autres candidats pour des frites locales, les ignames, dont on ne mange que les racines et les patates douces.

medium_legumes.jpgIl n'y a pas de place pour la monotonie légumière en Jamaïque: tomates; haricots verts, rouges ou noirs; potirons, gombo, christophine ou chayotte, maïs... sans oublier le fameux callaloo, l'épinard local... très utile en cas de constipation...

Du côté des fruits, il n'y a pas lieu de se plaindre non plus.

medium_rirdc_-_tropical_fruits.jpgAccrochez-vous: ananas; bananes (classiques ou plantains); papayes; noix de coco; citrons; oranges; mandarines; pamplemousses; avocats; canne à sucre (à la base du sucre brun); corossols; guinep; caramboles; sapotilles (qui remplacent avantageusement les abricots); fruits de la passiflore; fruits de la passion; pommes cannelle ou anones; cédrats; papayes (une cinquantaine de variété!); goyaves; star apples; uglys; ortaniques; ... rassasiés?

Et il n'est pas possible d'y échapper, ils poussent partout et sont proposés à la vente sur les marchés, le long des routes...

medium_fishmarket.jpgBien sûr, la Jamaïque étant une île, les poissons, crustacés et fruits de mer sont à l'honneur. Tout ce qui vit dans les eaux bleues des caraïbes est un plat potentiel.

Côté viandes par contre, c'est un peu plus pauvre. A part la chèvre et l'un ou l'autre bovidé, pas grand chose à se mettre sous la dent.

medium_im005387.jpgMais on se rattrape avec les boissons. Bien sur, il y a le rhum. Blanc, brun, de multiples variétés, bu sec ou en cocktails, on en trouve partout et sa réputation a depuis longtemps dépassé les frontières de l'île.
La bière est également très appéciée. La Jamaïque produit d'ailleurs l'excellente Red Stripe, légère bière blonde à ne pas consommer trop fraîche sous peine de maux de tête et hoquets divers...
Pas mal de liqueurs locales existent, la plus fameuse étant la Tia Maria, tirée du café, autre spécialité nationale.medium_43_picture_7442_1.jpg
Avec la profusion de fruits insulaires, on consomme également énormément de cocktails, alcoolisés ou non.
Enfin, pour les amateurs d'expériences inhabituelles, de nombreuses infusions et breuvages à base d'herbes médicinales existent. Avec des effets divers suivant à qui on demande la préparation... et surtout le sens que ce dernier attribue à médicinale...

N'oublions pas non plus la liste infinie des épices, très présentes dans tous les plats.

Quelques idées de mets:

medium_ackee.jpg- Au petit-déjeuner, ackee and saltfish: morue salée et séchée accompagnée de l'ackee. Très bon équilibre entre le goût relevé de la morue et la douceur de l'ackee.
- L' escovitched fish, poisson frais cuit dans une sauce épicée à base d'oignons, de poivrons rouges et de vinaigre.
- Facile et délicieux, le Curry Goat ou Curry Chicken, ragoût de chèvre ou de poulet au curry. Il est servi avec du riz blanc et est agrémenté de haricots noirs ou rouges.
- La soupe aux potirons (Pumpkin soup) est une institution sur l'île. Dommage pour moi...
medium_patties.jpg- La réponse jamaïcaine aux hamburgers occidentaux: les patties. Une merveille! Genre de beignets fourrés à la viande ou aux légumes, épicés ou non. Une petite faim? Un saut dans un des nombreux établissements qui en vendent... à consommer sur place ou tout en continuant son chemin...

Et la liste est encore longue...

De toute évidence, il n'y a pas moyen de se lasser culinairement parlant...

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05.05.2006

Ocho Rios


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Pour beaucoup de touristes, principalement américains, la ville d'Ocho Rios est la première à laquelle ils pensent quand on leur parle de la Jamaïque.

medium_jamaicaopen.jpgSituée sur la côte nord de l'île, logée dans le jardin de la Jamaïque, Ocho Rios (les 8 rivières) était à l'origine appellée Las Chorreras (les chutes d'eau). Jugée inhospitalière par les colonisateurs espagnols, cette région de l'île était très prisée par les pirates qui, de là, pouvaient partir à l'assaut des navires hispaniques voyageant entre Cuba et leurs autres colonies en Amérique du Sud. Presque encouragée par les planteurs locaux, la piraterie devint garante de la prospérité de la région.
Passée de petit port de pêche à port industriel pour l'embarquement de bauxite ou de bananes, Ochie est devenue, depuis les années 50, une ville tournée vers le tourisme.

medium_dscn0210.sized.jpgL'accès à la ville, en venant du centre de l'île, se fait par la Fern Gully Road, une route qui suit le lit d'une ancienne rivière aujourd'hui asséchée... La nature y est omniprésente, les arbres forment une voute au-dessus de la route et les fougères géantes empêchent le regard de se perdre dans les profondeurs de la forêt... Une fraîcheur bienvenue y règne et fait oublier l'atmosphère oppressante qui parfois nous submerge...

Cernée par des colines, la ville elle-même n'est pas particulièrement attrayante. Aménagée pour les touristes, Ocho Rios compte un nombre impressionnant d'hôtels et de galeries commerçantes parfois réservées aux passagers des énormes bateaux de croisière qui y font escale pour quelques heures. Ces cruiseships annoncent leur arrivée à grands coups de sirène et, pendant ces quelques heures, la ville est prise de frénésie...c'est qu'il ne faut pas laisser partir le touriste sans qu'il ait abandonné quelques dollars en achetant des objets de pseudo-artisanat ou des parfums en duty-free...

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Par contre pour les amateurs de merveilles naturelles, Ocho Rios est un point de départ rêvé pour faire des excursions dans les environs. Plusieurs plantations peuvent être visitées et présentent souvent un panorama magnifique sur la région. De nombreux jardins botaniques abritent une multitude d'espèces végétales, parfois propres à la Jamaïque... medium_fleming.3.jpgEt pourquoi ne pas aller se promener sur la plage d'Oracabessa qui longe l'ancienne propriété de Ian Fleming, le père de James Bond? Vous préferez un peu d'ombre? Allez visiter les Runaway Caves, un étonnant et impressionnant complexe de grottes où vous aurez même l'occasion de vous baigner dans un lac souterrain. Cet énorme réseau de tunnels a servi de refuge aux indiens Arawaks qui fuyaient les espagnols, par les espagnols qui fuyaient les anglais, par les pirates et les esclaves échappés qui fuyaient espagnols et anglais... bref tout le monde y est passé.

medium_dun_s_river_falls_1.jpgMais l'attraction principale d'Ocho Rios reste bien sûr les Dunn's River Falls. A cet endroit, la rivière Dunn parcourt encore quelques centaines de mètres avant d'aller mourir dans la mer des Caraïbes. Mais elle le fait de manière grandiose... En effet une succession de chutes et de bassins serpente entre les arbres centenaires et les fleurs multicolores. Les palétuviers coupent le flot de la rivière et les bambous forment d'insolubles labyrinthes. Quel bonheur d'entreprendre, les pieds dans l'eau, l'ascension de cet avant-goût de paradis... Mais attention! Avant de vous y rendre, soyez sûrs que le port n'abrite pas l'un ou l'autre de ces bateaux à touristes...Vous les retrouveriez faisant la chaîne dans les chutes et dès-lors le paradis deviendra un enfer....
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26.04.2006

Le Calypso

Préambule

L'histoire de la musique jamaicaine est particulièrement riche et diversifiée, surtout pour une population de 2 millions d'habitants seulement.
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Les raisons à celà sont avant tout à retrouver dans l'histoire de l'île.
Le peuple jamaicain s'est bâti sur de nombreuses cultures différentes. Bien sûr les esclaves africains, les colons européens mais aussi les travailleurs indiens et chinois appellés au 18è siècle pour remplacer la main-d'oeuvre noire manquante suite à l'abolition de l'esclavage. Et, on s'en doute, ces immigrants sont venus avec leurs propres traditions et particularités.
Cette mixité a d'ailleurs inspiré la devise nationale Out of Many, One People (un seul peuple, issu de plusieurs).

La situation géographique de la Jamaïque va également avoir une influence sur sa culture.
Située au coeur des Caraïbes, elle est proche tant du reste des îles des Antilles que de l'Amérique Centrale et du Sud ainsi que de la Floride. Et de nouveau, celà aura des conséquences sur le pays.

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Le Calypso
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Le Calypso est né sur l'île de la Trinité (Trinité et Tobago), pays indépendant faisant partie du Commonwealth.medium_500px-flag_of_trinidad_and_tobago.svg.3.png
Musique de carnaval en deux temps, elle était chantée en patois. De nos jours, les chants sont en anglais.
Comme toutes les îles des Caraïbes, Trinidad & Tobago a régulièrement changé d'identité (espagnole, française, anglaise et même polonaise) et a donc une culture très mixte.
Lors du carnaval, occasion rêvée de jouer de la musique, chacune de ces ethnies participait en jouant ce qu'elle savait jouer...mais toujours sur le même modèle, à savoir un soliste alternant avec des coeurs, accompagnés de tambours et autres percussions.
Au tournant 20 siècle, ce mélange finit par donner naissance à un nouveau genre musical, le Calypso...
Les thèmes principaux en sont des chroniques sociales, les relations hommes-femmes ou encore les problèmes politiques et leur traitement par le pouvoir en place. Mais tous ces sujets sont généralement abordés sur un ton humoristique.

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Le plus fameux représentant du Calypso est bien sûr Harry Belafonte, même s'il n'a pas chanté que çà.
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Le plus authentique est Mighty Sparrow.
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Les Steeldrums
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En constante recherche de nouveaux sons, les musiciens de Calypso ont un jour l'idée de jouer sur des fûts métalliques, chacun ayant sa propre sonorité suivant sa taille ou sa composition. Ces fûts seront de plus en plus travaillés et deviendront finalement un instrument à part entière.
Au départ intégrés dans les orchestres de Calypso, les Steelbands sont aujourd'hui un genre musical indépendant.
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21.04.2006

Les Palisadoes, Port-Royal et les Cays


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En face de Kingston, de l'autre côté de la baie, se trouve une longue bande de terre qui ferme presqu'entièrement l'immense port naturel de la ville. On l'appelle les Palisadoes.
En l'empruntant, vous aurez l'impression de rouler sur l'eau tant l'ocean est proche du bord de la route.

Les Pasiladoesmedium_palisaedos.jpg

Ce lieu particulier et unique est une merveille végétale et animale. On y trouve des mangroves, des récifs coraliens et des herbiers marins. Des espèces animales extrêmement rares et en voie de disparition y vivent, tels le crocodile américain, la tortue verte et celle à écailles, le lamantin des Antilles ou encore le dauphin souffleur...
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medium_apt.jpgL'aéroport Norman Manley

A mi-parcourt, nous arrivons à l'aéroport international de Kingston. Posé sur l'eau, il accueille une grande partie des voyageurs arrivants en Jamaïque (1,6 millions en 2001). C'est le berceau de la compagnie nationale Air Jamaica.



Port-Royal

Voici un nom propice à stimuler notre imagination et à faire resurgir des souvenirs d'enfance!
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Au 17è siècle, les deux principales puissances coloniales et donc maritimes sont l'Espagne et l'Angleterre. Les espagnols s'emparent, petit-à-petit, d'un continent entier, l'Amérique, et donc de ses richesses, immenses. Les anglais, bien-entendu, ne voient pas celà d'un très bon oeil et décident d'avoir leur part du butin. Progressivement, ils reprennent des territoires occupés par l'Espagne.
En 1655, la Jamaïque devient anglaise. En 1656, conscients de l'importance stratégique de la place qui en fait le verrou d'accès à la baie de Kingston, ils y fondent Port-Royal. medium_proyal.jpg
L'île, située au centre des voies empruntées par les espagnols pour ramener leurs richesses vers l'Espagne devient une piece maîtresse dans la course aux richesses. De Port-Royal partent les galions chargés de couler les bateaux espagnols et de s'emparer des richesses qui se trouvent à leur bord.medium_pirates.3.jpg
Attirés par toutes ces richesse, pirates et flibustiers commencent à faire parler d'eux en s'attaquant également aux vaisseaux espagnols. Les anglais, bien que ne pouvant encourager officiellement telle chose, ne réagissent pas car celà contribue à affaiblir leur ennemi. Ils accordent même certaines facilités aux frères de la côte en leur permettant par exemple de mouiller dans les ports britanniques pour réparer les dégâts de leurs navires et réapprovisionner.
Port-Royal devient alors la capitale mondiale de la piraterie...et la ville la plus riche du Nouveau-Monde. L'or et le rhum coulent à flots dans les dizaines de tavernes, salles de jeux et bordels... C'est ainsi que cette ville de 9000 âmes acquiert sa réputation de ville la plus dépravée de la chrétienté.medium_morgan.jpg
Le célèbre pirate Henry Morgan règne sur la ville et instaure un code de la piraterie. Pour celà, il est officiellement nommé gouverneur de l'île par les anglais.
Prédicateurs et puritains prophétisent que tant de débauche entraînera la damnation de la ville...
Le 7 juin 1692, peu avant midi, un terrible tremblement de terre leur donne raison. Lors de la troisième secousse, une grosse partie de la ville est engloutie dans la baie...
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Ce cataclysme entraîne la fin de la piraterie à Port-Royal.
Les anglais reconstruisent la ville et la fortifient. Elle devint la principale place militaire anglaise dans les Caraïbes.medium_nelson.jpg Même le fameux amiral Horatio Nelson, triomphateur de la bataille de Trafalgar s'y installe.
Au milieu du 19è siècle anglais et espagnols mettent fin aux hostilités. Port-Royal vit alors de commerce jusqu'au passage du siècle qui marque le déclin de la ville...
medium_pr.jpgAujourd'hui, Port-Royal est une paisible bourgade de pêcheurs. Seules quelques fortifications rappellent la splendeur de cette ville.
Pour les plus aventureux, adeptes de plongée, c'est ici que se trouve un des plus importants sites archéologiques sous-marins au monde. D'après les spécialistes, le Port-Royal englouti est à mettre sur un pied d'égalité avec le site de Pompei tant la richesse des ruines est grande.

Les Cays

N'hésitez pas à demander à l'un des pêcheurs qui jouent aux dominos à Port-Royal de vous transporter jusqu'aux Cays, Lime Cay en tête.medium_lcay.jpg Il vous fera embarquer à bord de son bateau et, après un voyage de quelques minutes, vous débarquera sur un des trois îlots perdus à quelques encablures du port. Convenez avec lui de l'heure à laquelle il doit venir vous recupérer (ne le payer pas maintenant, vous risqueriez de devoir rentrer à la nage...) et profitez...
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19.04.2006

Un peu d'Histoire...


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Mais quel est-il ce pays surtout connu pour ses plages, sa musique, son café et son tabac, disons, un peu particulier?

Histoire

Nichée au coeur des Caraïbes, à quelques encablures au sud de Cuba, la Jamaïque était à l'origine habitée par les indiens Arawaks qui l'appellaient Xamayca, la terre du bois et de l'eau.medium_653216-beautiful_caribbean_beaches-jamaica.jpg
En 1494, un certain Christophe Colomb débarque et l'île devient domaine privé pour sa famille. Comme de coutume à cette époque, les populations locales servent de main-d'oeuvre et il ne fallu pas un siècle pour que les Arawaks aient tous disparus, victimes des mauvais traitements et des maladies apportées en même temps que les bienfaits de la colonisation.
C'est à ce moment que les espagnoles commencèrent à importer des esclaves venant d'Afrique.

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L'île reste sous souveraineté espagnole jusqu'en 1655, date à laquelle les anglais s'en emparent et en fassent officiellement une colonie en 1670. La Jamaïque devient progressivement le plus important producteur de sucre au monde et une des principales plaques tournantes du commerce d'esclaves. Et ce qui devait arriver arriva: au début des années 1800, le rapport esclaves/blancs était de 20 contre 1 (300 000 esclaves noirs). Une telle situation ne pouvait qu'aboutir à une série de révoltes, difficilement réprimées par les troupes anglaises. Une partie des esclaves insurgés se réfugièrent dans les montagnes du nord de l'île et réussirent à échapper à toute forme d'autorité. Ils furent appellés nègres marons .medium_marons.gif Encore aujourd'hui, leurs descendants jouissent d'une certaine forme d'autonomie.

En 1833, l'esclavage fut aboli mais dans les faits rien ne changea réellement. Les blancs, propriétaires des principales plantations de la Jamaïque, continuèrent à exploiter les populations noires. A nouveau, suite à la rebellion de Morant Bay en 1865, les noirs commencèrent à se rebeller et l'insurrection gagna progressivement toute l'île. Un semblant de calme ne revint qu'en 1884, après une série de remaniements politiques qui vit la création d'un gouvernement colonial.

medium_z2.3.jpgL'indépendance de la Jamaïque fut déclarée le 6 août 1962 et le pays devint membre du Commonwealth. Autrement dit, l'île est officiellement une monarchie constitutionnelle, dirigée par le souverain du Royaume-Uni, à savoir Elizabeth II. Elle est représentée en Jamaïque par un gouverneur général, actuellement Kenneth Hall.


Géographie et Démographie

La Jamaïque, 11 425 km², jouit d'un climat tropical. Le temps y est chaud et humide, avec peu de variations entre l'été et l'hiver.medium_jamaica-scene.jpg
Elle est constituée de montagnes au centre entourées de plaines côtières assez étroites. De ce fait nous retrouvons les principales villes (Kingston, Montego Bay, ...) sur la côte.

Il y a près de 3 millions d'habitants dans l'île. Environ 90% est d'origine africaine ou afro-européenne. Le reste vient d' Europe (4%), d'Inde/Proche-Orient (4%) et le reste d'Asie (Chine principalement).

Il est a noter qu'environ 2 millions de Jamaïcains vivent à l'étranger, surtout en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

Ressources

L'économie du pays est principalement basée sur le tourisme et l'exportation de bauxite, utilisé pour la fabrication de l'aluminium.
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Langue

La langue officielle est l'Anglais.
En réalité la population parle surtout le Créole jamaïcain (le Patois ou Patwa comme ils disent là-bas). L'anglais y est donc étudié comme une langue étrangère, ce qui n'est pas sans poser quelques problèmes: l'anglais est utilisé officiellement (administratif, gouvernement, radio,...) mais selon une étude, 40% des jamaïcains ne comprenaient pas clairement les communiqués passant à la radio.
Encore un point commun avec la Belgique! Je ne serai pas dépaysé....

podcast

Quelques exemples:

C'est mon frère se dit en anglais That is my brother. En patois cela donnera Dat is fe mi bredda.
Elle est ma meilleure amie, She is my best friend en anglais, donnera She a mi bess fren en patois.

Culture et Religion

La malorité de la population est de confession chretienne: protestante à 61% (Church of God, baptistes, anglicans,...) et catholique à 4%.
Et bien sûr, la Jamaïque est le berceau du Rastafarisme, culte particulier et unique qui sera l'objet d'un prochain article.
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Les Jamaïcains ont la musique dans la peau et un sens de la fête particulièrement développé. C'est ici que sont nés quelques genres musicaux qui ont eu une influence importante sur beaucoup d'amateurs de musique à travers le monde: le ska, le reggae ou le ragga. Egalement à suivre dans un prochain épisode.

11:15 Publié dans Histoire-Découverte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note